⛅ Ma citation du jour

« Si vous voulez que la vie vous sourie, apportez-lui d'abord votre bonne humeur. »

Ouvrage : Dans des écrits philosophiques compilés

Édition : Gallimard / Bibliothèque de la Pléiade

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Commentaire

Bien que cette citation soit très souvent attribuée au grand philosophe rationaliste Spinoza, elle ne se trouve dans aucun de ses traités et son style est trop simple pour lui correspondre. Il s'agit d'une attribution apocryphe. Néanmoins, la pensée qu'elle véhicule est puissante et rejoint paradoxalement certains aspects de la philosophie spinoziste sur la joie. La citation inverse la relation de cause à effet habituelle. Nous avons tendance à croire que notre bonne humeur est une conséquence d'événements heureux. Cette phrase nous dit que c'est notre bonne humeur qui est la cause, qui invite les événements heureux à se manifester. C'est un principe de proactivité émotionnelle. Le lien que l'on peut tisser avec Spinoza, malgré l'inauthenticité de la citation, est son concept de la "Joie" dans "L'Éthique". Pour lui, la joie est le passage d'une moindre à une plus grande perfection, une augmentation de notre puissance d'agir. En étant dans un état de joie (ou de "bonne humeur"), nous sommes plus aptes à agir, à créer, à interagir positivement avec le monde, et donc à générer des situations qui nous seront favorables. La citation, bien que simpliste, est donc une porte d'entrée accessible vers une idée profonde : notre état intérieur n'est pas seulement une réaction au monde, il est une force créatrice qui façonne notre réalité.

À propos de l’auteur

Baruch Spinoza, né le 24 novembre 1632 à Amsterdam et mort le 21 février 1677 à La Haye, taille la pensée comme un diamant jusqu'à en révéler l'éclat d'une éthique sans transcendance. Excommunié par la communauté juive à vingt-trois ans pour ses idées jugées hérétiques, il vit modestement du polissage de verres optiques, laissant son esprit polir l'infini. Dans l'Éthique, il proclame que Dieu est identique à la nature, que la liberté naît de la compréhension de la nécessité, et que la béatitude se conquiert par la joie rationnelle. Traité comme un paria, il demeure pourtant l'un des pères de la tolérance moderne ; son Tractatus theologico-politicus défend la séparation du pouvoir spirituel et civil, annonçant les Lumières. On l'imagine solitaire, mais c'est une solitude peuplée d'amis lettrés et de microscopiques arcs-en-ciel diffractés par ses lentilles. À sa mort, ses disciples sauvèrent ses manuscrits, faisant du proscrit la pierre angulaire d'un humanisme contemporain.