« La mémoire est un fil ténu, mais il relie les générations entre elles. »
— Adélaïde de Clermont-Tonnerre
Ouvrage : Le Dernier des nôtres
Édition : Grasset
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Commentaire
Cette métaphore du "fil ténu" est d'une grande justesse pour décrire la thématique centrale de ce roman. "Le Dernier des nôtres" est une saga familiale qui traverse le XXe siècle, de l'Allemagne nazie à l'Amérique des années 60. La "mémoire" y est présentée non pas comme un bloc monolithique de souvenirs fiables, mais comme quelque chose de fragile, de partiel, sujet à l'oubli, à la déformation et au silence ("un fil ténu"). Les secrets de famille, les traumatismes non-dits, les histoires tronquées rendent ce fil particulièrement fragile. Pourtant, aussi fin soit-il, il est le seul lien qui "relie les générations entre elles". Le personnage principal, Werner, passe une grande partie du roman à essayer de retrouver ce fil, de le retisser pour comprendre ses origines et l'héritage complexe qui est le sien. Le livre montre que même une mémoire fragmentaire est préférable à l'amnésie totale. C'est ce fil qui permet de donner un sens au présent, de comprendre les comportements de ses aînés et de se situer soi-même dans une lignée. Adélaïde de Clermont-Tonnerre explore avec brio cette tension entre la fragilité de la transmission et sa nécessité absolue pour la construction de l'identité.