⛅ Ma citation du jour

« Vivre les malheurs d'avances, c'est les subir deux fois. »

Ouvrage : La Nuit des temps

Édition : Denoël

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Commentaire

Cette phrase, prononcée dans le chef-d'œuvre de science-fiction "La Nuit des temps", est d'une profondeur psychologique remarquable. Elle est dite dans un contexte de tension extrême, alors que l'humanité est au bord d'un cataclysme planétaire. Loin d'être un simple conseil de développement personnel, elle est un cri de survie de l'esprit face à l'angoisse paralysante. Barjavel, maître de l'imaginaire et humaniste inquiet, nous montre ici que l'anticipation négative est une souffrance auto-infligée. La première fois que nous subissons le malheur, c'est dans notre esprit, par la peur et l'anxiété. Cette épreuve mentale, souvent plus longue et diffuse que l'événement réel, nous affaiblit et nous vole l'énergie nécessaire pour affronter la situation lorsqu'elle se présente. La seconde fois, c'est le malheur lui-même, l'épreuve factuelle. En refusant de vivre ce premier supplice imaginaire, nous préservons notre force et notre lucidité. La citation invite à une discipline de l'esprit : distinguer le risque réel de la projection anxieuse, et choisir de n'affronter l'adversité qu'une seule fois, au moment où elle se matérialise.

À propos de l’auteur

René Barjavel, né le 24 janvier 1911 à Nyons et mort le 24 novembre 1985 à Paris, est un écrivain et journaliste français qui a profondément marqué la littérature de science-fiction du XXe siècle. Issu d'un milieu modeste, il s'installe à Paris et collabore à divers journaux avant de se tourner vers le roman. Son œuvre, empreinte d'une profonde angoisse face au progrès technologique qu'il juge incontrôlé, explore des thèmes visionnaires comme l'écologie, la fragilité de la civilisation et les paradoxes temporels. C'est avec "Ravage" (1943), récit apocalyptique d'une société privée d'électricité, qu'il acquiert la notoriété. Suivront des œuvres majeures comme "Le Voyageur imprudent" (1944), qui popularise le paradoxe du grand-père, et "La Nuit des temps" (1968), où la découverte d'une civilisation antédiluvienne pose des questions fondamentales sur l'amour et l'humanité. Scénariste pour le cinéma, notamment pour la série des "Don Camillo", Barjavel a su, par son style simple et direct, toucher un large public et imposer une réflexion durable sur le devenir de l'homme.