« Vivre les malheurs d'avances, c'est les subir deux fois. »
— René Barjavel
Ouvrage : La Nuit des temps
Édition : Denoël
Année :
Recevez chaque jour une nouvelle citation !
Désinscription en un clic, aucun spam.
Commentaire
Cette phrase, prononcée dans le chef-d'œuvre de science-fiction "La Nuit des temps", est d'une profondeur psychologique remarquable. Elle est dite dans un contexte de tension extrême, alors que l'humanité est au bord d'un cataclysme planétaire. Loin d'être un simple conseil de développement personnel, elle est un cri de survie de l'esprit face à l'angoisse paralysante. Barjavel, maître de l'imaginaire et humaniste inquiet, nous montre ici que l'anticipation négative est une souffrance auto-infligée. La première fois que nous subissons le malheur, c'est dans notre esprit, par la peur et l'anxiété. Cette épreuve mentale, souvent plus longue et diffuse que l'événement réel, nous affaiblit et nous vole l'énergie nécessaire pour affronter la situation lorsqu'elle se présente. La seconde fois, c'est le malheur lui-même, l'épreuve factuelle. En refusant de vivre ce premier supplice imaginaire, nous préservons notre force et notre lucidité. La citation invite à une discipline de l'esprit : distinguer le risque réel de la projection anxieuse, et choisir de n'affronter l'adversité qu'une seule fois, au moment où elle se matérialise.