« Le bruit des choses vivantes est le murmure de l'existence, il faut l'écouter attentivement. »
— Delphine de Vigan
Ouvrage : Les loyautés
Édition : JC Lattès
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Commentaire
Cette phrase, qui pourrait servir de sous-titre à plusieurs de ses romans, révèle la sensibilité extrême de Delphine de Vigan aux micro-signes du réel. L'autrice excelle dans l'art de capter les infimes vibrations du quotidien, les sons, les gestes, les silences qui en disent long sur les états d'âme de ses personnages. "Le bruit des choses vivantes" n'est pas le vacarme du monde, mais le frémissement subtil de la vie : une respiration, le craquement d'un parquet, le bourdonnement d'un néon. C'est le "murmure de l'existence". Pour de Vigan, ces bruits sont des indices, des sismographes des tensions invisibles, notamment au sein de la famille. Dans "Les loyautés", elle explore les secrets et les fardeaux portés par des enfants. C'est en "écoutant attentivement" ces murmures, en étant attentif à ce qui n'est pas dit mais qui transparaît, que l'on peut déceler leur détresse. C'est une invitation à une forme d'hyper-attention au monde et aux autres. Delphine de Vigan nous suggère que la vérité des êtres ne se trouve pas dans les grandes déclarations, mais dans la myriade de petits détails qui composent la texture de leur vie.